Plonger dans l’histoire : Le réseau routier

La première grande route terrestre à être développée dans Avignon est le chemin Kempt. Vers 1858, cette route sera remplacée par le chemin Matapédia. Le développement de routes secondaires et de chemins de colonisation se fera graduellement, au rythme de la colonisation. Le chemin qui ceinture la péninsule, l’actuelle route 132, sera terminé en 1929, ouvrant la Gaspésie au tourisme et au reste du monde.

 La côte de John Bond dans le village de Saint-Fidèle, année inconnue
Source : Page Facebook « Saint-Fidèle de Ristigouche ». Synthèse historique. Figure 85. Page 85.

Le chemin Kempt

Ce chemin tient son nom de James Kempt (1764-1854), administrateur du Bas-Canada. Le tracé d’une route reliant la Baie-des-Chaleurs au reste du Québec et aux autres provinces arrive au moment où les tensions avec les Américains commencent à s’intensifier : un lien terrestre fiable est requis pour transporter des marchandises et la poste, et pour assurer le passage de soldats en cas de guerre. De plus, ce lien permettrait d’ouvrir la vallée de la Matapédia à la colonisation. ¸

Trois tracés composent le chemin Kempt, dont la construction s’échelonne de 1807 à 1832. Dans son intégralité, le chemin se rend de la croix de la Mission, à Listuguj, jusqu’à Métis. La portion du lac Matapédia à la croix de la Mission s’achève en 1831. En 1844, une sortie est aménagée du chemin Kempt vers Nouvelle.

Deux communautés écossaises se développent par la venue du chemin Kempt : la première à Métis-sur-Mer et la seconde à Kempt Road Hill (Saint-Fidèle). Ces Écossais ont notamment participé à la construction du chemin avant de se greffer à la population.

 

 

Un plan du chemin Kempt, en 1839.

Source : Bibliothèque et Archives Canada. Synthèse historique. Figure 81. Page 81.

 

Les conditions de voyage sur le chemin Kempt étaient très difficiles. La route n’était pas nivelée et, souvent, était très peu praticable. L’absence de ponts enjambant les rivières rendait le trajet à peu près impossible à l’automne et au printemps. Entre 1830 et 1867, le chemin est en si mauvais état que les troupes militaires doivent quand même emprunter le portage du Témiscouata. Divers postes de relais sont mis en place pour favoriser le passage des personnes : Assemetquagan (1840), Les Fourches (Causapscal), Sayabec et Saint-Moïse.

Même s’il est difficilement praticable, le chemin Kempt demeure à cette époque le seul lien terrestre unissant la Gaspésie au reste du Québec. La mort de nombreux postiers entraîne la construction du chemin Matapédia, qui s’amorce en 1857. Les travaux prendront une dizaine d’années. En 1867, le chemin Kempt est abandonné et tous les relais sont fermés, et en 1868, le chemin Matapédia remplace officiellement le chemin Kempt.

Ayant avant tout servi de route postale, le chemin Kempt était parsemé de relais où les voyageurs pouvaient se reposer. Souvent, ils étaient accompagnés de guides, dont certains étaient d’origine Mi’gmaq ou acadienne. En plus du passage des postiers et des marchands, de nombreuses figures politiques, telles que le député Robert Christie, ont emprunté ce chemin.

Dans l’ancien village de Saint-Fidèle, François Grégoire, l’un des premiers francophones du village, tenait un poste de relais dans sa maison. La dernière résidence avant le relais d’Assemetquagan, qui n’existe plus aujourd’hui, était celle du maître de poste George Dixon.

Le nouveau chemin Matapédia, en 1861.

Source : Fonds Ministère des Terres et Forêts, BAnQ (carte levée par J.-B. Lepage). Synthèse historique. Figure 83. Page 83.

Le chemin Matapédia

Puisque le chemin Kempt présente des difficultés bien réelles pour qui désire le parcourir, il est proposé de créer une nouvelle voie facilitant le voyage et le service postal entre la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent. De plus, il presse d’aménager une route militaire fiable reliant Halifax et Québec en raison de la menace de la guerre de Sécession de 1861.

C’est ainsi que s’amorce, dès 1857, la construction du chemin Matapédia, confiée à William McDonald. Il faudra 10 ans (1867) pour terminer les travaux de cette route, qui ouvre officiellement la colonisation de la Matapédia aux autres régions du Québec. Le publiciste Arthur Buies emprunte le chemin Matapédia plus de 25 ans après sa construction et compare la route à une « raie de velours ».

 

Une carte situant le chemin Kempt et le chemin Matapédia, année inconnue.

Source : Comité du Patrimoine de Padoue. Synthèse historique. Figure 82. Page 82.

La route est élargie et nivelée en 1910 pour que les véhicules puissent y passer. En 1921, elle est en piètre état pour le passage de véhicules. Après avoir subi de nombreuses phases de restauration, dont celles de 1946-1947 et de 1972, cette route est toujours empruntée aujourd’hui.

 

La route 6 vers Saint-Laurent-de-Matapédia, en 1950.

Source : Fonds Ministère de la Culture et des Communications, BAnQ (photo de Jean Bastien). Synthèse historique. Figure 84. Page 84.

La route 132

La construction de la route 132 est entamée en 1843, mais prendra presque un siècle à se terminer.

Elle a d’ailleurs porté plusieurs noms :

  • en 1922, elle est la route 6, ou le chemin du Roy;
  • en 1929, le boulevard Perron;
  • en 1972, elle devient la route 132.

La route 132 s’achève officiellement en 1929 et permet de faire le tour de la Gaspésie. Elle intégrera aussi le chemin Matapédia.

Cet article est tiré d’extraits de la synthèse historique de la MRC Avignon (p.81 à 84), dont la recherche et la rédaction ont été réalisées par Camillia Buenestado Pilon.

 

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