Depuis des temps immémoriaux
La présence des Mi’gmaq remonte à près de 9 000 ans sur le territoire, alors que la Gaspésie est libérée de la mer de Goldthwait.

Gesgapegiag Mawiomi Grounds. Photo: MRC Avignon
Il est possible que la Gaspésie ait représenté une artère d’importance pour la rencontre de nations autochtones. La région était aussi fréquentée par des Innus, qui y faisaient la traite des fourrures, ainsi que des Malécites et des Kwedechs (peuple iroquoien). Les Mi’gmaq résultent de la fusion de deux groupes, les Planos et les Algonquiens de l’Est.
Les Mi’gmaq parlent plusieurs langues et dialectes, dont le Restigouche, un dialecte unique au Québec qui aurait été atténué par les contacts étroits avec les langues française et anglaise. Un pidgin – une langue de commerce – Mi’gmaq-basque a aussi été recensé à Terre-Neuve et représente bien les liens commerciaux qui unissent ces deux nations.
Les Mi’gmaq sont de grands chasseurs et se réfugient l’hiver venu à l’intérieur des terres pour chasser le castor, l’ours, l’orignal et le caribou, passant donc d’une pêche saisonnière à une chasse hivernale. Nonobstant sa fonction d’activité de subsistance, cette chasse permettait aussi de trapper la fourrure, qui était offerte aux Européens en échange d’autres biens.
Les Mi’gmaq sont également d’aguerris pêcheurs. Au printemps, ils installent des campements d’été au pied de l’embouchure des rivières Ristigouche et Cascapédia, notamment. Ces régions deviendront d’importants bastions d’établissement et de commerce. Les Mi’gmaq vivaient aussi de la culture de l’érable, dont la sève était considérée « comme un médicament et une source de sucre ».

Une carte de toponymes Mi’gmaq du sud de la Gaspésie levée par William Ganong en 1927. Synthèse historique, p. 126. Source : Études géographiques de Pacifique de Valigny.
Les 7 districts Mi’gmaq
Le territoire Mi’gmaq s’étend sur un immense territoire couvrant le Québec et les provinces maritimes, en plus d’une partie de la côte est américaine. Le territoire traditionnel du Mi’gma’g’i est constitué de 30 nations Mi’gmaq réparties en 7 districts : Unama’gi, Esge’gewa’gi, Sugapune’gati, Epegwitg aq Pigtu, Gespugwitg, Signigtewa’gi et Gespe’gewa’gi. Mi’gma’gi (ou Mig’mawag) signifie « peuple de l’aurore ». Les sept districts Mi’gmaq se gouvernent par le biais du Grand Conseil Mi’gmaq (Sante’Mawio’mi).

Carte des districts du Mi’gma’g’i. Source : listuguj.ca
Le Gespe’gewa’gi
Gespe’gewa’gi est le septième et plus grand district de Mi’gma’gi. Son nom signifie « les dernières terres acquises», en anglais « the last land ». Ce territoire comprend ce que l’on appelle aujourd’hui la péninsule gaspésienne, des parties du Québec continental et du Maine, ainsi que le nord-est du Nouveau-Brunswick.
Il existe trois communautés Mi’gmaq en Gaspésie : Gespeg, Gesgapegiag et Listuguj. Plus de 800 noms de lieux Mi’gmaq ont été découverts dans le Gespe’gewa’gi.
En complément
À suivre sur les réseaux!
Gespe’gewagi : The last land
Une série documentaire en anglais de APTN sur les pêcheries Mi’gmaq et leur lien avec le peuple, les traditions et la terre natale.
Balado Comme un besoin de nature
Épisode 6 : Wagatasg
Ici, trois communautés culturelles – Mi’gmaq, anglophone et francophone – se côtoient. Bernard, Bruce et Maryse font la lecture du conte «Wagatasg», un récit qui décrit le grand attachement de la communauté autochtone au territoire.
série historique
Parce qu’entre les sommets de nos montagnes et le bleu de la baie des Chaleurs, il s’en est passé des choses!
Cet article est tiré d’extraits de la synthèse historique de la MRC Avignon (p. 125 à 126), dont la recherche et la rédaction ont été réalisées par Camillia Buenestado Pilon. En savoir plus sur mrcavignon.com.
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