Plonger dans l'histoire : l'industrie forestière

Par MRC Avignon
7 janvier 2026

Avignon : un territoire façonné de reliefs forestier

Bien que l’exploitation forestière gaspésienne commence avec les Mi’gmaq, qui fabriquent canots, outils et habitations, l’arrivée des premiers Européens sur le territoire entraîne de nouveaux besoins, qui se traduisent par un défrichement intensif.

La scierie Madawaska et le bois flotté, en 1943.

En Gaspésie, les premières utilisations documentées du bois sont la coupe de bois de chauffage et le défrichement agricole, suivies de la construction navale, qui constitue l’un des premiers usages industriels de la forêt gaspésienne. C’est surtout le pin blanc qui est alors recherché. Le blocus continental de Napoléon favorise une exportation du bois en Grande-Bretagne.

À partir de la décennie 1840-1850, de grandes scieries ouvrent leurs portes au Nouveau-Brunswick. Celles-ci exploitent les forêts gaspésiennes et acheminent le bois dans leurs scieries. Deux compagnies principales, la Hugh Montgomeryand Co., qui a son siège social à Dalhousie, puis la Arthur Ritchie & Co., propriétaire dès 1842 de trois scieries dans la région (aux abords des rivières Matapédia, Cascapédia et Bonaventure), exploitent le bois des forêts d’Avignon.

Le moulin de Listuguj aux multiples raisons sociales : Chaleurs Bay Mills des frères Champoux (1902-1924), Canadian International Paper Company (1924-1929), puis Madawaska Corporation (1929-1931), année inconnue.

Les camps de bûcherons

Dans les forêts d’Avignon, des camps de bois rond ont été construits non seulement pour les besoins de l’industrie forestière, mais également pour servir d’habitations temporaires aux nouvelles colonies établies dans les années 1930 (Saint-Jean-de-Brébeuf, Saint-Fidèle, etc.). Certaines de ces habitations modestes sont toujours visibles dans l’arrière-pays.

Plusieurs toponymes rappellent l’existence des anciens camps forestiers. La plupart se situent sur les territoires non organisés (TNO), notamment le camp des Fourches et le Camp-de-la-Robine, vestiges d’anciens camps situés dans le TNO Rivière-Nouvelle. Dans le TNO Ruisseau-Ferguson, le Camp-Vingt et le Camp-Vingt-Trois sont des lieux-dits qui portent les noms des camps exploités par la compagnie Fraser dans les années 1920 à 1950. Toujours sur le TNO Ruisseau-Ferguson, le lieu-dit Québec Land fait référence au nom de la compagnie qui avait un camp de bûcherons à cet endroit.

Un camp de bois rond à Saint-Louis-de-Gonzague, année inconnue

Une cuisinière dans un camp de bûcherons, possiblement à Carleton, en 1921

Une cuisinière dans un camp de bûcherons, possiblement à Carleton, en 1921

Les villages forestiers

L’existence du village forestier est un fait québécois qui a laissé des traces dans Avignon. Souvent issu des besoins de l’industrie forestière, le village forestier résulte aussi d’un effort de colonisation encouragé par les autorités provinciale, fédérale et religieuse pour répondre aux aléas économiques, dont la crise de 1929. Moyennant quelques redevances, les chômeurs sont invités à défricher de nouveaux rangs et à former de nouveaux villages. Les rangs de Saint-Conrad, de Saint-Fidèle et de Saint-Étienne ont été développés à la suite des années 1930, tout comme les villages de L’Alverne, de Biron et de Saint-Jean-de-Brébeuf, pour ne nommer que ceux-ci.

 

La drave à Pointe-à-la-Croix, année inconnue.

La drave

La drave est une activité économique majeure sur le territoire gaspésien. Jusqu’aux années 1960, elle mobilise à peu près tout l’arrière-pays et les rivières d’importance de la MRC Avignon : la rivière Nouvelle, la Grande rivière Cascapédia, la Petite rivière Cascapédia, la rivière Matapédia et la rivière Ristigouche. Bûché en hiver dans la forêt, le bois est flotté au printemps, puis entreposé dans les bassins et les barachois, d’où il est ensuite acheminé vers les papetières. Les structures qui retiennent ces billots jusqu’à leur livraison finale sont des estacades, appelées « booms », « pires » ou« chaînes », qui sont souvent construites par les moulins eux-mêmes. L’une des compagnies les plus fructueuses est sans aucun doute la Restigouche Log Driving and Boom Co., surtout présente à l’embouchure de la rivière Ristigouche, qui installe ses propres « booms ».

La drave à Nouvelle, année inconnue.

Extrait de la Synthèse historique de la MRC Avignon. P. 67, 74 et 76.

À propos de la démarche en patrimoine

La production de la synthèse historique et de la synthèse architecturale vise à répondre à l’étape de l’analyse du programme Caractérisation des immeubles et des secteurs à potentiel patrimonial, conformément au Guide pour la préparation d’un inventaire du patrimoine immobilier du ministère de la Culture et des Communications du Québec. Sont ainsi couverts divers contenus ayant trait aux caractéristiques naturelles du territoire, aux phases d’occupation et de transformation du territoire, aux groupes et aux personnages historiques ainsi qu’aux caractéristiques particulières ou représentatives du territoire. Le recensement exhaustif de la documentation, effectué préalablement à la réalisation de ces synthèses, outille la MRC Avignon pour la suite des étapes à réaliser en vue de l’adoption de son inventaire du patrimoine immobilier, le dernier datant de 1998 et ne suffisant pas à répondre aux exigences du ministère.

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