Un peu d'histoire : l'agriculture

Par MRC Avignon
7 janvier 2026

Avignon : un territoire façonné de reliefs agricoles

À travers son histoire, Avignon a vu son territoire prendre forme à la suite d’une exploitation agricole intensive, qui la distingue des autres territoires gaspésiens.

La ferme Beaulieu à Matapédia, en 1899.

En effet, sitôt installées sur les rives de la baie des Chaleurs, en 1755, les familles acadiennes vivent essentiellement d’agriculture. Conséquemment, l’une des premières régions agricoles d’importance est Tracadièche. Bien que son relief soit accidenté, avec de grands ravins et de grandes montagnes, Carleton est dotée de terres particulièrement fertiles. En 1902, certaines projections avancent même des possibilités d’exploitation agricole au sommet des montagnes derrière le village, qui sont plates en raison d’une érosion partielle de la chaîne des Appalaches.

Vers 1860, la vallée de la Matapédia est ouverte à la colonisation, et le gouvernement met en place des mesures pour favoriser l’immigration en provenance des vieilles paroisses du Bas-Saint-Laurent. Les plateaux de la Matapédia représentent un lieu de choix pour des familles acadiennes de Rustico et des loyalistes, qui y construisent de grandes fermes et d’importants moulins. À la fin du siècle, le publiciste Eugène Rouillard vante l’agriculture comme le moteur principal de la colonisation. L’auteur dépeint une région aux terres fertiles et favorisée par la présence de nombreuses rivières.

Ensilage chez Ernest-A. Dugas, à Nouvelle, en 1949. Ernest Dugas a remporté la Médaille du mérite agricole en 1959.

Toutefois, les villages de colonisation n’ont pas tous le même potentiel agricole. Au moment de leur établissement à Saint-Alexis-de-Matapédia, les familles acadiennes de Rustico sont confrontées à de nombreuses gelées, qui retardent et détruisent leurs productions. La situation est partagée par les nouveaux colons de Saint-Fidèle, de Saint-Étienne et de L’Alverne. Colonisés au cours de la crise des années 1930, ces rangs peinent à faire survivre la population, qui dépend largement de l’aide gouvernementale et du travail forestier pour gagner sa vie.

De longs rubans de terres agricoles, à Maria, en 1927

Malgré une production agricole intensive et l’écoulement de certaines denrées au Nouveau-Brunswick, le marché agricole gaspésien demeure essentiellement local jusqu’à la création du chemin de fer Intercolonial en 1878. L’arrivée du chemin de fer dans la Baie-des-Chaleurs entraîne quelques débouchés pour l’agriculture gaspésienne. Parmi les exportations notables, dans les années 1920, des fermiers expédient des ballots de foin sur les marchés nord-américains. L’agriculture chute drastiquement en Gaspésie dans les années 1950-1970, alors que le développement du secteur tertiaire et l’exode de la main-d’œuvre gaspésienne en direction des grands chantiers modifient grandement l’économie. Ainsi, l’agriculture gaspésienne peine à faire sa marque dans une économie globale et dépend fortement des marchés locaux. Les activités agricoles sont complémentaires à la pêche ou au travail en chantier.

Même si elle ne représente plus une activité de subsistance dominante, l’agriculture a fortement marqué le territoire d’Avignon. À vol d’oiseau, les terres des municipalités de Carleton-sur-Mer, de Maria et de Nouvelle forment des courtepointes toujours exploitées aujourd’hui, et de nombreuses fermes centenaires subsistent toujours.

Paysage de Saint-André-de-Matapédia

Extrait de la Synthèse historique de la MRC Avignon. P. 42 à 45.

À propos de la démarche en patrimoine

La production de la synthèse historique et de la synthèse architecturale vise à répondre à l’étape de l’analyse du programme Caractérisation des immeubles et des secteurs à potentiel patrimonial, conformément au Guide pour la préparation d’un inventaire du patrimoine immobilier du ministère de la Culture et des Communications du Québec. Sont ainsi couverts divers contenus ayant trait aux caractéristiques naturelles du territoire, aux phases d’occupation et de transformation du territoire, aux groupes et aux personnages historiques ainsi qu’aux caractéristiques particulières ou représentatives du territoire. Le recensement exhaustif de la documentation, effectué préalablement à la réalisation de ces synthèses, outille la MRC Avignon pour la suite des étapes à réaliser en vue de l’adoption de son inventaire du patrimoine immobilier, le dernier datant de 1998 et ne suffisant pas à répondre aux exigences du ministère.

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